Aujourd’hui, Léopold et Colette Senghor seront réunis au cimetière de Bel-Air à Dakar (Sénégal).
© Serge Philippe Lecourt, Portraits de Léopold et Colette Senghor,
Inauguration de l’Espace Senghor à Verson, 18 mars 1995, Normandie.
Je me souviens qu’un jour, ils m’avaient commandé le portrait de Léopold Sédar Senghor ci-dessus à mille exemplaires. Il était destiné à être envoyé comme carte de voeux à leurs proches, amis et dirigeants internationaux. Colette Senghor avait choisi ce portrait parmi plusieurs propositions car ils étaient tous les deux sur l’image : elle, en retrait, comme elle l’était dans la vie, mais toujours à ses côtés.
Alors que je lui présentai un tirage dont le laboratoire avait trop éclairci le visage de son époux, elle me lança d’une manière péremptoire : « Mais, jeune homme, je n’ai pas épousé pas un Viking ! Mon mari est noir ! Il le clame lui-même haut et fort. »
Le laboratoire refit un nouveau tirage qui correspondit mieux à l’épouse du chantre de la négritude et de la normandité ! Elle apposa sa signature au dos et je puis procéder au tirage des mille exemplaires.

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